Les trois gunas

6 janvier 2020

Les trois gunas ou qualités du monde manifesté. Comment les appliquer dans notre pratique de yoga ?

Il est important de prendre conscience des gunas dans notre pratique yogique pour enclencher le processus de transformation et être dans une dynamique de connaissance de soi.
Les connaître, c’est reprendre le pouvoir sur nous-même et notre vie avec un aspect grandissant.
 
De la prakriti (nature primordiale), sortent tous les phénomènes, le monde manifesté impermanent, y compris notre être psychique et physique.
La prakriti, c’est l’ensemble de la création.
Toute l’activité humaine et toute création est déterminée par les gunas qui sont les qualités de la nature, qui conditionnent l’existence matérielle.
 
Les 3 gunas sont :
 
Tamas :  l’inertie, la lourdeur, l’ignorance, le sommeil, l’obscurité, le manque de circulation et distribution d’énergie, blocage des chakras.
rajas : la passion, l’attachement au résultat, l’activité, l’énergie, la force, le désir, la créativité, l’égo.
– sattva : la paix, l’équilibre, la connaissance, la beauté, la transparence, l’amour, le maintien, le calme, la satisfaction, compassion, joie.
 
Dans la conception védique, les gunas correspondent à la trimurti : les trois formes du divin.
 
Tamas est associé à shiva ,  la dissolution, laya.
Rajas est associé à brahma, la création, srishti.
Sattva
est associé à vishnu, le maintien, le conservateur qui soutient l’existence, sthiti.

Ces qualités ne sont pas catégoriquement mauvaises, moyennes ou bonnes, elles ont chacune leur rôle dans le processus de mouvement de la vie. 
Les 3 gunas vont s’exprimer en chacun de nous de manières différentes.

L’objectif de notre pratique yogique est de faire grandir sattva car c’est à travers cette qualité que nous pouvons nous relier à la conscience universelle au-delà de la manifestation.

Sous l’influence de sattva se développe la pure conscience qui est de moins en moins recouverte par le voile du mental et de plus en plus conditionnée par le sens de félicité, de joie manifestée par l’organe cœur.
Sattva prédomine en vainquant tamas et rajas.
 En s’élevant au-dessus des états de la nature, nous atteignons la libération qui vient quand celui qui est au-delà des 3 gunas est connu : le soi suprême qui n’est pas influencé par les qualités.
 
Le sage libéré proclame : « je suis le témoin des qualités, je suis pure conscience ».
Il devient un gunatita, celui qui a transcendé les 3 gunas et atteint moksha la libération. Il demeure dans sa nature essentielle qui est existence, connaissance, béatitude : sat, chit, ananda.
Il habite dans son propre Soi au milieu des changements, il garde un même état d’esprit de calme et d’équilibre.
Nous pouvons uniquement atteindre la connaissance du Soi en habitant dans notre propre nature véritable, en faisant briller la lampe de la sagesse.
 
« Quand la lumière de la sagesse brille, par chaque porte (sens) du corps, alors sattva prédomine. Bhagavad Gita.
 
De sattva naît la sagesse, ceux qui sont établis dans sattva s’élèvent, les rajasiques restent dans la région moyenne et ceux qui demeurent dans tamas s’enfoncent.
 
« Quand l’être humain passe au-delà de ces 3 gunas à partir desquelles le corps est élaboré, il est libéré de la naissance, de la mort, de la vieillesse et de la douleur et atteint l’immortalité. » Bhagavad Gita.
 
Comment appliquer les 3 gunas dans notre pratique de yoga ?
 
Il faut d’abord connaître leur mode de fonctionnement.
Puis transformer tamas en rajas et rajas en sattva. Nous ne pouvons pas passer directement du tamas au sattva sans passer par rajas.
 
En début de séance, nous sommes dans un état tamasique, nous allons donc après une méditation à l’écoute du souffle, faire des pratiques actives pour faire circuler le prana : des shatkarmas, techniques de purification comme kapalabati avec des respirations actives qui éveillent la circulation pranique et des salutations au soleil le matin ou des enchaînements de mouvements dynamiques type vinyasa en fin de journée.
Nous passons ensuite progressivement de rajas au sattva, à travers la pratique de postures statiques, que nous tenons au moins durant 10 respirations.
 
L’énergie mobilisée pendant les exercices dynamiques va servir pour apaiser, ralentir la circulation du prana, le purifier, et calmer le mental ce qui nous intéresse pour la méditation.
 
Puis, nous nous allongeons en savasana au sol, relaxation, mélange de tamas (relâchement physique) et sattva (conscience établie dans notre nature véritable.)
Et, nous nous rasseyons pour retrouver la circulation verticale de l’énergie et dissiper le côté tamasique de savasana et revenir au pure sattva avec des pranayamas  ( techniques respiratoires) longues, ralenties avec des rétentions,  chants de mantra et intégration à travers la méditation.
 
Pendant le maintien des postures, les asanas ne doivent pas être trop rajasiques sous tension ou tamasiques, molles. Il convient de se diriger vers la stabilité et l’aisance, un état postural sattvique.
 La qualité d’attention associée à une concentration localisée va occasionner une modification de l’ambiance interne sattvique ressenti par le calme mental.
 
Les 3 gunas de l’esprit sont la volonté associée à rajas. Elle est liée à la qualité d’attention, elle se situe au niveau d’ajna chakra.
La sensibilité est liée à tamas, attitude réceptive passive.
L’intelligence, c’est sattva équilibre entre sensibilité et volonté, entre l’attitude passive réceptive et la qualité d’attention.
Nous cherchons à devenir une personne plus sattvique car elle possède le désir de connaître le Soi.
 
Tout l’univers est régi par la loi des gunas.

Namaste.